Boucles de souliers de Napoléon à Sainte-Hélène

Boucles de chaussures de Napoléon à Sainte-Hélène © RMN / Gérard Blot

Les collections nationales françaises comportent peu de boucles de chaussures. Le catalogue des collections de la Réunion des Musées nationaux ne présente que trois articles, dont une intéressante paire de boucles ordinaires, admise comme ayant été portée par Napoléon à Sainte-Hélène. Elle a été offerte en 1979 par le prince Napoléon au musée national du château de la Malmaison.

Il s’agit de deux boucles rectangulaires aux angles arrondis, légèrement bombées, décorées de filets creusés dans le corps. Chaque boucle mesure 65mm de long par 45 mm de large.

Poinçon au 1er Coq (1798-1809) de 2e titre

Elles semblent avoir été en vermeil, sur argent massif 2e titre (800/1000) identifié par le poinçon au premier coq tourné vers la gauche et chiffre 2 (pour 2e titre), en usage entre 1798 et 1809. Ces boucles portent également le poinçon du maître orfèvre, les  lettres « J.H » et en dessous « L » dans un losange vertical, sur la tranche : il s’agit de Jean-Henri Loublié, dont le poinçon caractéristique a été insculpé à Paris en 1807.  La lecture des poinçons est toujours intéressante. Ici ils permettent de dater assez précisément la fabrication des boucles, postérieure à 1807, mais antérieure à 1809. Vers 1808, donc. Les boucles portent enfin un poinçon de grosse recense (tête casquée tournée vers la droite), elles ont certainement donc été vendues après le changement de poinçon de 1809.

Le système d’attache est en acier, à chape et contre-chape articulé autour de la tige centrale. Les ardillons sont en forme de fourche.

Madame Claudette Joannis, rédactrice de la fiche d’inventaire, note : « Plusieurs boucles de chaussures et de col sont mentionnées dans le testament de Napoléon : elles sont en diamants et en or, et destinées à sa famille. Non mentionnées, celles-ci, plus simples, relevaient de son usage quotidien durant son exil à Sainte-Hélène. Cet usage est tardif car les boucles disparaissent des chaussures masculines à la fin du XVIIIe siècle. »

Ajoutons toutefois une précision aux propos de Claudette Joannis : le goût personnel de l’Empereur pour les boucles de souliers amène, sous l’Empire, à un bref retour en vogue de ce système de fermeture. En réalité, les chaussures masculines étant alors très décolletées, sous la forme d’escarpins, la boucle est souvent plus ornementale qu’utilitaire même si elle conserve son système de fermeture.

L'Empereur Napoléon, peint par David en 1812 aux Tuileries, portant des boucles à ses souliers

L’Empereur Napoléon, peint par David en 1812 aux Tuileries, portant des boucles à ses souliers

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3 réflexions sur “Boucles de souliers de Napoléon à Sainte-Hélène

  1. […] sous le Premier Empire, sur des boucles de dimensions modestes, en général à contre chape. Les boucles de souliers de Napoléon à Sainte-Hélène en sont un bel […]

  2. […] : le blocus imposé en 1806 à la couronne britannique par Napoléon y contribue fortement. Bonaparte, premier Consul puis Empereur, porte lui-même des boucles à ses souliers, et encourage une production française, notamment parisienne. La boucle de chaussure masculine […]

  3. […] boucle de soulier d’époque Empire est mise en vente par la Maison Osenat, dimanche 9 juin 2013 à Fontainebleau. Il s’agit […]

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