Les boucles à bord des épaves de la Natière (1704/1749)

Teddy Seguin (Adramar) © MCC / DRASSM Coincée par le chaos du naufrage au milieu de cordages et de rondins, noyée dans la vase grise, une chaussure en cuir de l’équipage surgit au cours de la fouille de l’épave de la Dauphine (1704). (Cliché : NAT02_SM0176)

Les fouilles sous-marines de la Natière, dans la baie de Saint-Malo, ont depuis 1999 mis à jour de très nombreuses chaussures, et leurs boucles, sur les épaves de la Dauphine (qui a sombré en 1704) et de l’Aimable-Grenot (6 mai 1749). « Le site de la Natière, explique, enthousiaste, Michel L’Hour, conservateur en chef au DRASSM [ département des Recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines], est un des plus attractifs au monde. Ailleurs, les épaves sont souvent en mauvais état. Ici, c’est un véritable Pompéi sous-marin. Les sites sont tels qu’ils se trouvaient au moment du naufrage. » [ AFP, 25/07/2006].

La très grande rapidité des naufrages, qui n’a pas permis aux marins d’emporter leurs effets, et les dépôts d’alluvions sur le site de la Natière en font des épaves extrêmement riches d’enseignements sur le quotidien des équipages. Sur la seule Dauphine, 2 000 objets ont pu être analysés par les archéologues.

Ils confirment ce que nous savons de la boucle de soulier. Au début du XVIIIIe s. la boucle est de petite taille, centrale ou souvent latérale. « Façonnés en cuir et munis, pour l’essentiel, de talons en lamelles de cuir chevillées, les souliers de La Dauphine étaient pourvus d’une petite boucle latérale » précise une publication du DRASSM. A partir de 1740, la boucle est large (environ 6 x 5 cm) et se referme au centre de l’empeigne : les souliers de l’Aimable-Grenot (1749) en sont représentatifs. On note que les boucles retrouvées dans l’épave de l’Aimable-Grenot sont caractéristiques de l’époque Louis XV avec une ornementation rococo. Elles sont en métal cuivreux – bronze ou laiton – de médiocre valeur (voir photographie plus bas).

Les fouilles de la Natière nous renseignent plus précisement sur l’usage et l’usure des souliers à boucles : « On remplaçait la boucle par des lacets lorsque l’extrémité des pattes de fixation de la boucle venait à lâcher [i.e des pattes de quartiers], ou l’on transformait la chaussure en mule ou en sabot lorsque ces pattes étaient inutilisables… » (http://epaves.corsaires.culture.fr)

Teddy Seguin © MCC / DRASSM Chaussure en cuir découverte sur l'épave de la frégate la Dauphine (1704) après traitement. (Cliché : Nat 1182)

Teddy Seguin (Adramar) © MCC / DRASSM Boucle de chaussure en alliage cuivreux trouvée sur l'épave de L'Aimable Grenot (1749). (Cliché : Nat 2945_1)

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