Les boucles de deuil

Boucles de deuil vers 1780 ("Deuil de soie")

Au XVIIIe siècle, les rituels du deuil sont extrêmement codifiés, et les boucles de chaussures, comme accessoires évidents de l’habillement, participent de cette codification. Avant d’en détailler l’usage, un bref rappel des rituels du deuil au XVIIIe et début du XIXe s.

Pour le décès d’un père, d’une mère, d’un grand-père, d’une grand-mère, d’un mari, d’une femme, d’un frère ou d’une sœur, le « GRAND DEUIL » est de rigueur. Le Grand Deuil se partage en trois temps : « deuil de laine », « deuil de soie », et « petit Deuil ». La durée du Grand Deuil, et subséquemment de chacune des périodes, est variable selon la qualité du défunt. On compte un an et six semaines pour la perte d’un époux, à deux mois pour la perte d’un frère. On notera, et cela est important, qu’en France les parents ne portent pas le deuil d’un enfant disparu.  Pour le décès d’un oncle, d’une tante, d’un cousin germain, d’un oncle éloigné, ou d’un cousin éloigné, on porte le « DEUIL ORDINAIRE », qui ne compte que deux périodes : le « deuil de soie », et le « petit Deuil ». Enfin, à Versailles, le roi peut décider un « deuil de cour » dont il fixe la nature (« grand deuil » ou « petit deuil ») et la durée. Un « Grand deuil » de cour se partage dans les mêmes temps que les grands deuils particuliers, c’est-à-dire « deuil de laine », « deuil de soie » et « petit deuil ».

Les « boucles de deuil » ne sont portées qu’en cas de « grand deuil », et dans la première période uniquement dite « deuil  de laine » : elles sont « noires », ou « bronzées », c’est-à-dire en argent, en acier ou en bronze noircis. Dès la seconde période, en « deuil de soie », les boucles d’argent sont admises, même si on voit aussi des boucles de pierres noires. Le petit deuil, comme le deuil ordinaire, prescrit les boucles d’argent et autorise même les boucles enrichies de diamants.

Notons enfin que le Roi porte le deuil en violet et que le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France de Nicolas Viton de Saint-Allais  (Paris, 1816) précise que dans le premier temps d’un grand deuil de cour, (« deuil de laine »)  le roi porte des « souliers de drap violet, avec les boucles d’acier tirant sur le violet ». Il s’agit certainement d’acier bleui. Le détail de l’habillement du roi est si caractéristique qu’il a semblé intéressant d’y consacrer un article documentaire.

Vous trouverez davantage de précisions sur : http://www.blason-armoiries.org/institutions/d/deuils-particuliers.htm

Boucles de souliers de deuil, en pâte de verre noire, vers 1780 ("Deuil de soie")


					
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2 réflexions sur “Les boucles de deuil

  1. […] par le Grand Maître des Cérémonies, Henri-Evrard de Dreux-Brézé (1761-1829), qui spécifie les boucles de deuil préconisées aux Députés des Trois Ordres. Ouverture des Etats-Généraux en mai 1789, peinte […]

  2. […] grosses boucles d’argent, plus ou moins travaillées, mais aussi d’or ou de bronze argenté. Le deuil proscrivant l’or et l’argent brillants, les élégants affligés usent de boucles en argent […]

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