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Dater une boucle de chaussure

Les poinçons permettent en général d’établir une datation assez précise d’une boucle de soulier d’argent ou d’or. En croisant les informations du poinçon de charge et de décharge, et le poinçon de maitre orfèvre, on peut aisément établir une fourchette. Encore faudrait-il que les poinçons fussent tous lisibles, et qu’il fut aisé de les identifier. Il faut admettre que dans ce domaine, même l’excellent ouvrage de référence de François Doré « Poinçons de Maîtres – Les boucles de costume en France 1650-1830″ n’est pas exhaustif, et ne prétend pas à l’exhaustivité.

Boucle Rococo en or, vers 1760

Boucle Rococo en Or, vers 1760, 0.6 x 4.1 x 5.2 cm
Orfèvre Joseph Richardson (1711 – 1784) à Philadelphie
© 2012 Philadelphia Museum of Art.

La lecture et l’interprétation des poinçons d’Ancien Régime est rarement chose aisée. Par ailleurs, les boucles en métal vil ne portent pas de poinçon.

D’autres indices permettent néanmoins de dater approximativement la boucle. Des modes qui évoluent, des techniques différentes influent sur la forme du bijou et le fonctionnement du système. Les indices proposés ci-dessous ne sont évidemment valables que pour les boucles françaises sur la période 1750-1830.- le répertoire ornemental 

Le répertoire ornemental est souvent riche d’indication. Il est existe

des boucles très rococo sous Louis XV, tandis qu’à partir des années 1765 apparaissent les motifs caractéristique du règne de Louis XVI ; colombes, carquois, flèches, paniers fleuris, instruments de musiques etc.Il existe également des répertoires caractéristiques d’un événement : le mariage du dauphin Louis-Auguste, futur Louis XVI, avec Marie-Antoinette en 1770 suscite la création de boucles de chaussures « au dauphin ». Le Musée de Rennes en conserve une paire en argent, oeuvre de François-Nicolas-Joseph Girard (inv. 2006.18.01). François Doré a dans sa collection une boucle de culotte du maître-orfèvre L.A. Mignot, ornée de dauphins – symbole du Dauphin Louis Auguste – et d’aigles bicéphales – symbole de l’Autriche, patrie de Marie-Antoinette.

la forme du tour 

Si la forme rectangulaire dure de 1750 à 1820, d’autres sont plus caractéristique.

Le « noeud d’amour » est en vogue tout au long du XVIIIe s. mais s’éteint au XIXe.

Les formes violonées ou en arbalète sont typiques des années 1750-1760.

Le médaillon, rond ou ovale, est typique de la fin de XVIIIe s., du milieu des années 1780 à 1810 en général. Ces boucles ovales ne doivent pas être confondues avec les formes navettes, ovales beaucoup plus oblongs, et en vogue en Angleterre dans les années 1780.Le rectangle à angles coupés est en vogue de 1765 à 1825.

Le rectangle à angles arrondis est en vogue de 1775 à 1830. Déjà existante sous Louis XVI, cette forme est la plus commune sous le Premier Empire, sur des boucles de dimensions modestes, en général à contre chape. Les boucles de souliers de Napoléon à Sainte-Hélène en sont un bel exemple.

la forme de l’ardillon

On trouve toutes formes d’ardillons : doubles pointes simples ou entretoisées, fourche à épaulement angulaire entretoisée ou non, fourche à épaulement courbe entretoisée ou non… Ces ardillons nous renseignent assez peu. Cependant, une entretoise en coeur indique souvent une facture entre 1765 et 1810. Quant à l’ardillon en forme de lyre, il est, lui tout à fait caractéristique de la période Directoire-Empire.

– la forme de la chape 

La chape est le plus souvent rectangulaire ou trapézoïdale. Mais une forme dite « en marmite » peut accompagner les boucles en médaillon. On ne les trouve donc que de sur des boucles des années 1780 ou postérieures.

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