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Pied gauche, pied droit…

Dessin de soulier XVIIIe, dans lequel la parfaite symétrie de la semelle est représentée (In M. Leloir, Histoire du Costume, 1933)

Dessin de soulier XVIIIe, dans lequel la parfaite symétrie de la semelle est représentée (In M. Leloir, Histoire du Costume, 1933)

Au XVIIIe s., comme le plus souvent depuis la Renaissance, les souliers d’homme sont en général identiques pour le pied droit et pour le pied gauche. Et la semelle en est parfaitement symétrique, pour être interchangeable. On lit de toutes sortes d’explications fantaisistes sur ce point (1). Il s’agit d’un choix pleinement conscient de l’élégance, c’est-à-dire uniquement esthétique au détriment du confort.

Dans l’Art du Cordonnier (1767), François-Alexandre de Garsault (1693-1778) le note : « Dans les formes ordinaires [de souliers masculins], les renflements et rétrécissements du contour de la plante du pied sont égaux à droit [sic] et à gauche, de façon que le dessous de la semelle […] représente une figure régulière; cela n’est cependant pas dans la nature […] ».

La préoccupation est clairement uniquement élégante : les semelles sont ainsi parfaitement symétriques, et parfaitement identiques. Dans l’usage, cela s’avère tout-à-fait inconfortable, mais que ne sacrifie-t-on pas à son confort parce que c’est « à la mode » ou parce que c’est l’usage ? Cela oblige notamment à changer régulièrement les chaussures de pied, afin de préserver l’équilibre de la forme. « C’est pourquoi on est communément dans la nécessité, pour peu qu’on soit marcheur, de changer tous les jours ses souliers de pied, afin de faire revenir en leurs places les semelles que le pied avait poussées en dehors la veille, moyennant quoi, on leur rend perpétuellement leur régularité (…) ». Ce système a de nombreux inconvénients : « ce mouvement journalier doit les corrompre et les user plutôt; et le pied qui, pour ainsi dire, les remet toujours en forme, a un office qui, quand les souliers sont neufs, ne laisse point de le gêner ».

Mais, quels que soient les inconforts, Garsault les semble préférer au parti-pris d’un original – il en est tout de même – qui se fait faire des chaussures adaptées à chaque pied : « […] quoique cette personne soit grand chasseur, et qu’il marche souvent souvent depuis le matin jusqu’au soir, il ne change point ses souliers de pieds, et le soulier neuf ne le gêne ni ne le blesse jamais; il est vrai que le dessous de ses semelles ne satisfait pas la vue par leurs biaisements. »

Les boucles suivent naturellement ce souci de symétrie : les plus courantes sont parfaitement symétrique et donc absolument interchangeables. On trouve cependant sur certaines boucles des mentions « R » et « L », Right et Left, qui rappellent que certaines boucles anglaises, notamment à système, étaient asymétriques et adaptées à la forme du cou de pied.

Planche extraite de L'Art du Cordonnier, par Garsault, 1767 (source Gallica)

Planche extraite de L’Art du Cordonnier, par Garsault, 1767 (source Gallica)

(1) Les plus courantes sont que l’on n’avait pas, alors, inventé les chaussures de formes différentes, ou bien qu’il s’agirait de souliers militaires similaires d’une part pour permettre un réassortiment plus rapide d’une paire dont l’un des deux serait perdu, d’autre part pour empêcher l’usage civil des souliers militaires

Les boucles du costume : boucles de chaussures, de culotte, de col, de chapeau…

Au XVIIIe s., la boucle de chaussure est l’une des boucles à système du costume masculin et féminin. « Pendant plus de 150 ans, écrit François Doré dans Les Boucles de Costume en France (Ed. Massin), de 1650 à 1830 environ, les boucles ont été étroitement prises en compte et associées aux choix vestimentaires. Paradoxalement ce sort commun du costume et de l’accessoire découle de ce que l’on pouvait à son gré, et selon son humeur, les circonstances et les exigences du dernier cri, dissocier les boucles du vêtement. »

De fait, on trouve parfois les boucles de chaussures réunies dans un même écrin avec une paire de boucles plus petites, dont la chape est en général en forme d’ancre : les boucles de culotte, dites aussi boucles de jarretières. Fixée sous le genou, au bas de la culotte, la boucle permet un ajustement plus précis de la culotte à la jambe. L’ardillon à double pointe se fiche dans le serrant de la culotte.

Elijah Boardman, peint par Ralph Earl en 1789, arbore fièrement boucles de chaussures et boucles de culotte

Elijah Boardman, peint par Ralph Earl en 1789, arbore fièrement boucles de chaussures et boucles de culotte

Une parure XVIIIe en argent, or et pierres du Rhin présentant dans un même écrin une paire de boucles de souliers et une paire de boucles de culotte

Une parure XVIIIe en argent, or et pierres du Rhin présentant dans un même écrin une paire de boucles de souliers et une paire de boucles de culotte

On trouve également, dans le costume masculin, des boucles de col. A l’origine militaire, notamment chez les grenadiers, le « tour de col » ou « stock » est une bande de cuir ou, le plus souvent, de tissus armaturé de crin de cheval ou de carton. Il règne vers 1750-1760 dans le costume civil. Il entoure le cou et s’ajuste à l’arrière par une boucle très spécifique, qui se reconnait par sa chape munie d’agrafes et son ardillon triple ou quadruple.

Le tour de col de Jean-Charles Garnier d'Isle est retenu par une boucle de col, sans doute similaire à celle représentée sous le portrait

Le tour de col de Jean-Charles Garnier d’Isle est retenu par une boucle de col, sans doute similaire à celle représentée sous le portrait

Les autres boucles principales sont les boucles de chapeau, essentiellement décoratives, placées à la base du tube du chapeau en tronc de cône, et les boucles de manchon. Les boucles de ceintures, inusitées dans le costume civil avant 1780, apparaissent dans le costume féminin à la fin du XVIIIe puis se généralisent au début du XIXe.

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La boucle de chaussure, et après ?

Paire de boucles des années 1770 en argent, strass et émail remontée en bracelet

Paire de boucles de soulier des années 1770 en argent, strass et émail remontée en bracelet. Poids 112 gr.

Au début du XIXe s., la boucle de chaussure tombe en désuétude. Elle rejoint, avec la perruque poudrée à frimas, l’esthétique élégante d’un temps révolu. Les plus précieuses, en pierres véritables, sont le plus souvent desserties, pour faire des bijoux au goût du jour. L’or est souvent fondu. L’argent, moins précieux, échappe parfois à la fonte et gagne le grenier.

Il arrive aussi que celles montées en pierres de fantaisies (strass ou pierres du Rhin…) sont réemployées. La beauté du bijou, et le matériau assez vil, justifient qu’elles soient remontées au prix de transformations assez minimes. Ces travaux d’adaptation sont difficiles à dater, on les présume souvent de la fin du XIXe s. ou des années 1900, lorsque le XVIIIe s. revient à la mode.

Le plus souvent, le système en est ôté et une simple agrafe est posée à l’arrière : la boucle devient broche. A cette occasion, lorsque cela n’avait pas encore été le cas, la paire est hélas dissociée.

Un remploi moins fréquent, mais souvent plus convaincant, est le bracelet. Au plus simple, la boucle est remontrée sur un ruban de soie ou de gros grain, est est portée en bracelet.

Un motif central, un mot, un prénom est parfois ajouté.

On trouve aussi, lorsque la courbure et les dimensions  initiales de la boucle le permet, des bracelets formés de deux boucles.

 

Paire de boucles des années 1770 en argent, strass et émail remontée en bracelet

Paire de boucles de soulier des années 1770 en argent, strass et émail remontée en bracelet. Collection privée. DR.

 

 

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Dater une boucle de chaussure

Les poinçons permettent en général d’établir une datation assez précise d’une boucle de soulier d’argent ou d’or. En croisant les informations du poinçon de charge et de décharge, et le poinçon de maitre orfèvre, on peut aisément établir une fourchette. Encore faudrait-il que les poinçons fussent tous lisibles, et qu’il fut aisé de les identifier. Il faut admettre que dans ce domaine, même l’excellent ouvrage de référence de François Doré « Poinçons de Maîtres – Les boucles de costume en France 1650-1830″ n’est pas exhaustif, et ne prétend pas à l’exhaustivité.

Boucle Rococo en or, vers 1760

Boucle Rococo en Or, vers 1760, 0.6 x 4.1 x 5.2 cm
Orfèvre Joseph Richardson (1711 – 1784) à Philadelphie
© 2012 Philadelphia Museum of Art.

La lecture et l’interprétation des poinçons d’Ancien Régime est rarement chose aisée. Par ailleurs, les boucles en métal vil ne portent pas de poinçon.

D’autres indices permettent néanmoins de dater approximativement la boucle. Des modes qui évoluent, des techniques différentes influent sur la forme du bijou et le fonctionnement du système. Les indices proposés ci-dessous ne sont évidemment valables que pour les boucles françaises sur la période 1750-1830.- le répertoire ornemental 

Le répertoire ornemental est souvent riche d’indication. Il est existe

des boucles très rococo sous Louis XV, tandis qu’à partir des années 1765 apparaissent les motifs caractéristique du règne de Louis XVI ; colombes, carquois, flèches, paniers fleuris, instruments de musiques etc.Il existe également des répertoires caractéristiques d’un événement : le mariage du dauphin Louis-Auguste, futur Louis XVI, avec Marie-Antoinette en 1770 suscite la création de boucles de chaussures « au dauphin ». Le Musée de Rennes en conserve une paire en argent, oeuvre de François-Nicolas-Joseph Girard (inv. 2006.18.01). François Doré a dans sa collection une boucle de culotte du maître-orfèvre L.A. Mignot, ornée de dauphins – symbole du Dauphin Louis Auguste – et d’aigles bicéphales – symbole de l’Autriche, patrie de Marie-Antoinette.

la forme du tour 

Si la forme rectangulaire dure de 1750 à 1820, d’autres sont plus caractéristique.

Le « noeud d’amour » est en vogue tout au long du XVIIIe s. mais s’éteint au XIXe.

Les formes violonées ou en arbalète sont typiques des années 1750-1760.

Le médaillon, rond ou ovale, est typique de la fin de XVIIIe s., du milieu des années 1780 à 1810 en général. Ces boucles ovales ne doivent pas être confondues avec les formes navettes, ovales beaucoup plus oblongs, et en vogue en Angleterre dans les années 1780.Le rectangle à angles coupés est en vogue de 1765 à 1825.

Le rectangle à angles arrondis est en vogue de 1775 à 1830. Déjà existante sous Louis XVI, cette forme est la plus commune sous le Premier Empire, sur des boucles de dimensions modestes, en général à contre chape. Les boucles de souliers de Napoléon à Sainte-Hélène en sont un bel exemple.

la forme de l’ardillon

On trouve toutes formes d’ardillons : doubles pointes simples ou entretoisées, fourche à épaulement angulaire entretoisée ou non, fourche à épaulement courbe entretoisée ou non… Ces ardillons nous renseignent assez peu. Cependant, une entretoise en coeur indique souvent une facture entre 1765 et 1810. Quant à l’ardillon en forme de lyre, il est, lui tout à fait caractéristique de la période Directoire-Empire.

– la forme de la chape 

La chape est le plus souvent rectangulaire ou trapézoïdale. Mais une forme dite « en marmite » peut accompagner les boucles en médaillon. On ne les trouve donc que de sur des boucles des années 1780 ou postérieures.

Des boucles de chaussure en faïence

« Des boucles de chaussures en faïence, ça n’existe pas ! Et pourquoi pas… ?  » serait-on tenté d’écrire en plagiant Robert Desnos. On peut en effet peiner à l’imaginer, tant la fragilité de faïence semble incompatible avec l’usage des boucles de souliers.

Nous avions déjà noté cependant la présence d’éléments décoratifs en faïence, comme les pseudo-camées de Wedgwood, enchâssés dans de larges boucles d’acier.

Les collections britanniques, une fois encore, permettent d’attester l’usage de boucles au cadre entièrement en faïence, du moins en Angleterre. Rares sont celles qui sont parvenues jusqu’à nous.

Boucles de chaussures en terre cuite émaillée, v.1780. © Manchester City Galleries

Le musée de Manchester (Royaume-Uni) conserve en particulier une paire de boucles en terre cuite rouge foncé, glacées d’un émail noir orné d’une frise de feuillage blanc. Elles mesurent chacune 6,9 cm de long pour 5,6 cm de large et une épaisseur de 3,3 cm au plus haut de la courbure. Elles ont conservées leur système de fermeture en acier à chape et ardillon double. Datées des années 1770/1790, elles sont entrées dans les collection du musée en 1923. Rien ne permet de renseigner leur usage (boucles de chaussures d’homme ou de femme ? boucles de deuil ? ). Seule leur provenance, le comté de Staffordshire, semble établie.

Le même musée conserve une boucle solitaire, en biscuit blanc émaillé, de grandes dimensions également : 7,3cm x 5,7cm (épaisseur 3,8 cm). La boucle présente un décor intéressant de traits, perles et rinceaux d’un goût Louis XVI rustique, dans les tons bleus, verts, rouge et violet. Elle n’a plus son système d’attache en acier. Datée des années 1780-1800, elle proviendrait également du comté de Staffordshire, où se trouve d’importantes manufactures de céramique de la fin du XVIIIe, et notamment celle de Josiah Wedgwood.

Boucle de chaussure en biscuit de porcelaine, vers 1790. © Manchester City Galleries

Je ne connais pas à ce jour de témoignage d’un usage en France de boucles en faïence. Un lecteur qui en saurait plus long serait prié de m’en faire part, en me contactant par cette page.

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Une boucle étonnante des années 1780

Dans son travail d’inventaire de l’orfèvrerie de Lyon et de Trévoux (1999-2001), Mme Marie-Reine Jazé-Charvolin a recensé, dans une collection privée, une boucle XVIIIe étonnante par son décor. Le cadre rectangulaire de la boucle est remarquable : les bords latéraux sont chantournés, tandis que les bords supérieurs et inférieurs sont dentelés, suivant un motif relativement atypique. Aux quatre angle, une fleur de lys inattendue sur ce type de bijou.

Boucle de soulier - Lyon 1781-1785 photo Inv. J.M. Refflé 99690210X - Droits réservés

Le cadre est en fonte d’argent. Les quatre fleurs de lys en argent sont rapportées, ce qui peut laisser envisager une pose de ces attributs postérieure à la fabrication. Le système de fermeture, à goupille, ardillon double et chape, est en acier.

La boucle mesure 7,3 x6 centimètres, et pèse, tout compris, environ 70 grammes.

Ce sont les poinçons au dos qui permettent de la dater. Au centre, deux S séparés par un « grain de remède », indique l’orfèvre Sébastien Saulnier, reçu maître à Lyon en 1781. A droite, un Lion couronné avec en-dessous la lettre « a » minuscule correspond au poinçon de la Communauté de Lyon entre 1778 et 1785. Enfin, à gauche, la lettre L est le poinçon de charge des menus ouvrages pour Lyon entre 1781 et 1787. La boucle a donc certainement été réalisée entre 1781 et 1785, par Sébastien Saulnier, maître orfèvre à Lyon. Les fleurs de lys peuvent avoir été rapportées ultérieurement.

Au revers, successivement le poinçon de charge des menus ouvrages de Lyon, le poinçon du maître orfèvre et le poinçon de communauté. Photo Inv. J.M. Refflé 99690466X - Droits réservés

Revers de la boucle. Photo Inv. J.M. Refflé 99690161X - Droits réservés

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Paire de boucles ornées de camées en Wedgwood (vers 1790)

Boucle de chaussure, acier taillé et céramiques, V&A Museum M.2-1969, Londres.

Cette paire de boucles de chaussures fait partie des collections du V&A Museum de Londres (Joaillerie, pièce 91 – Inv. M.2-1969).

Elle est spectaculaire par ses dimensions (long. 8,6cm; larg. 7,87 cm; ép. 3, 02 cm) et par ses matériaux.

Le tour de la boucle est fait en acier taillé, dit en pointes de diamants. Cet acier très brillant est en vogue dans toute l’Europe à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Il est essentiellement produit en Angleterre, et si estimé que les boucles d’acier s’achètent parfois au poids de l’or.

Les médaillons sont des camées en Wedgwood, une céramique mise au point par Josiah Wedgwood (1730-1795) et qui imite les camées en pierres dures ou en coquillages. Josiah Wedgwood est un inventeur de génie, et grand industriel, qui met au point des techniques révolutionnaires et des matériaux nouveaux : une faïence « cream-ware », un biscuit de basalte et un biscuit de jaspe coloré (« jasperware »). Les couleurs qu’il met au point sont caractéristiques : vert, rose, et surtout un bleu très typique, légèrement teinté de gris, le bleu Wedgwood.  Si la fabrique de Josiah Wedgwood ouvre en 1759, ces camées sont mis au point et perfectionnés dans les années 1770-1780, avec comme point d’orgue la réalisation d’un vase entier, le vase Portland, après trois années de travail, en 1790. La mode classique et néo-antique, après l’identification du site de Pompéi en 1763, assure un très grand succès européen aux articles « à l’antique » de Wedgwood. Il diffuse très largement un « Catalogue de camées, intaglios, médailles, bas-reliefs, bustes et petites statues. Accompagné d’une déscription générale de diverses tablettes, vases, écritoires, at autres articles tant utiles que pûrement agréables ; le tout fabriqué en porcelaine et terre cuite de differentes espèces, principalement d’aprés l’antique, et aussi d’après quelques uns des plus beaux modèles des artistes modernes. (London 1788-90)

Aussi, en l’absence de poinçons, il est possible de dater cette paire de boucles des années 1790 en raison de ses dimensions très larges, de son système à contre-chape et des petits médaillons en Wedgwood. Le V&A la date plus largement « entre 1776 et 1820 ».

Un modèle de boucle à contre-chape

Un modèle de boucle à contre-chape anglaise vers 1790

Une boucle de chaussure masculine à contre-chape, vers 1790

Technique de la boucle de chaussure

La boucle sert effectivement à fermer la chaussure.

Paire de boucles de chaussures en argent – Agen 1784-1785, Maître Orfèvre Jean Seguin

Elle se compose de la boucle, qui désigne le cadre en métal (bronze, argent, or…) orné parfois d’émaux ou de pierreries.

La boucle est traversée de haut en bas, au milieu, par une tige métallique, souvent en fer ou en acier, la goupille. La goupille sert d’axe pour la chape et l’ardillon.

Au centre de la goupille s’articule une fourche à deux pointes, l’ardillon double. L’ardillon double, c’est à dire à deux pointes, aide souvent à caractériser une boucle de chaussure.

A l’opposé de l’ardillon, se trouve une forme trapézoïdale à deux ergots piquants : la chape.

Enfin, il arrive parfois que l’ardillon double, au lieu de buter directement sur la boucle, bute sur un cadre en acier ou en fer articulé sur la goupille également : la contre-chape.

« Il y a quatre parties dans une boucle; le tour, qui retient le nom de boucle; l’ardillon, la goupille et la chape : la goupille traverse le tour, l’ardillon et la chape; les pointes de l’ardillon portent sur le tour supérieur de la boucle. » Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, 1753. Article chape.

Le site « American Duchess » qui produit de très belles répliques de souliers historiques pour femme, spécialement du XVIIIe siècle, ainsi que de belles répliques de boucles, propose une vidéo démonstrative très claire.