Archives de Tag: boucles de chaussures

Boucles de souliers du musée de Dunkerque

Magnifique paire de boucles de souliers d’homme, d’époque Louis XVI, en argent ciselé à motifs géométriques de fleurs et de feuillages

France, Dunkerque, maître-orfèvre, poinçons et date non précisés.

Chapes et ardillons doubles présents, en acier.

18e siècle

Longueur en cm : 6,2

Largeur en cm : 4,6

Hauteur en cm : 2,6

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La boucle de chaussure, et après ?

Paire de boucles des années 1770 en argent, strass et émail remontée en bracelet

Paire de boucles de soulier des années 1770 en argent, strass et émail remontée en bracelet. Poids 112 gr.

Au début du XIXe s., la boucle de chaussure tombe en désuétude. Elle rejoint, avec la perruque poudrée à frimas, l’esthétique élégante d’un temps révolu. Les plus précieuses, en pierres véritables, sont le plus souvent desserties, pour faire des bijoux au goût du jour. L’or est souvent fondu. L’argent, moins précieux, échappe parfois à la fonte et gagne le grenier.

Il arrive aussi que celles montées en pierres de fantaisies (strass ou pierres du Rhin…) sont réemployées. La beauté du bijou, et le matériau assez vil, justifient qu’elles soient remontées au prix de transformations assez minimes. Ces travaux d’adaptation sont difficiles à dater, on les présume souvent de la fin du XIXe s. ou des années 1900, lorsque le XVIIIe s. revient à la mode.

Le plus souvent, le système en est ôté et une simple agrafe est posée à l’arrière : la boucle devient broche. A cette occasion, lorsque cela n’avait pas encore été le cas, la paire est hélas dissociée.

Un remploi moins fréquent, mais souvent plus convaincant, est le bracelet. Au plus simple, la boucle est remontrée sur un ruban de soie ou de gros grain, est est portée en bracelet.

Un motif central, un mot, un prénom est parfois ajouté.

On trouve aussi, lorsque la courbure et les dimensions  initiales de la boucle le permet, des bracelets formés de deux boucles.

 

Paire de boucles des années 1770 en argent, strass et émail remontée en bracelet

Paire de boucles de soulier des années 1770 en argent, strass et émail remontée en bracelet. Collection privée. DR.

 

 

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Des boucles de chaussure en faïence

« Des boucles de chaussures en faïence, ça n’existe pas ! Et pourquoi pas… ?  » serait-on tenté d’écrire en plagiant Robert Desnos. On peut en effet peiner à l’imaginer, tant la fragilité de faïence semble incompatible avec l’usage des boucles de souliers.

Nous avions déjà noté cependant la présence d’éléments décoratifs en faïence, comme les pseudo-camées de Wedgwood, enchâssés dans de larges boucles d’acier.

Les collections britanniques, une fois encore, permettent d’attester l’usage de boucles au cadre entièrement en faïence, du moins en Angleterre. Rares sont celles qui sont parvenues jusqu’à nous.

Boucles de chaussures en terre cuite émaillée, v.1780. © Manchester City Galleries

Le musée de Manchester (Royaume-Uni) conserve en particulier une paire de boucles en terre cuite rouge foncé, glacées d’un émail noir orné d’une frise de feuillage blanc. Elles mesurent chacune 6,9 cm de long pour 5,6 cm de large et une épaisseur de 3,3 cm au plus haut de la courbure. Elles ont conservées leur système de fermeture en acier à chape et ardillon double. Datées des années 1770/1790, elles sont entrées dans les collection du musée en 1923. Rien ne permet de renseigner leur usage (boucles de chaussures d’homme ou de femme ? boucles de deuil ? ). Seule leur provenance, le comté de Staffordshire, semble établie.

Le même musée conserve une boucle solitaire, en biscuit blanc émaillé, de grandes dimensions également : 7,3cm x 5,7cm (épaisseur 3,8 cm). La boucle présente un décor intéressant de traits, perles et rinceaux d’un goût Louis XVI rustique, dans les tons bleus, verts, rouge et violet. Elle n’a plus son système d’attache en acier. Datée des années 1780-1800, elle proviendrait également du comté de Staffordshire, où se trouve d’importantes manufactures de céramique de la fin du XVIIIe, et notamment celle de Josiah Wedgwood.

Boucle de chaussure en biscuit de porcelaine, vers 1790. © Manchester City Galleries

Je ne connais pas à ce jour de témoignage d’un usage en France de boucles en faïence. Un lecteur qui en saurait plus long serait prié de m’en faire part, en me contactant par cette page.

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Les boucles de deuil

Boucles de deuil vers 1780 ("Deuil de soie")

Au XVIIIe siècle, les rituels du deuil sont extrêmement codifiés, et les boucles de chaussures, comme accessoires évidents de l’habillement, participent de cette codification. Avant d’en détailler l’usage, un bref rappel des rituels du deuil au XVIIIe et début du XIXe s.

Pour le décès d’un père, d’une mère, d’un grand-père, d’une grand-mère, d’un mari, d’une femme, d’un frère ou d’une sœur, le « GRAND DEUIL » est de rigueur. Le Grand Deuil se partage en trois temps : « deuil de laine », « deuil de soie », et « petit Deuil ». La durée du Grand Deuil, et subséquemment de chacune des périodes, est variable selon la qualité du défunt. On compte un an et six semaines pour la perte d’un époux, à deux mois pour la perte d’un frère. On notera, et cela est important, qu’en France les parents ne portent pas le deuil d’un enfant disparu.  Pour le décès d’un oncle, d’une tante, d’un cousin germain, d’un oncle éloigné, ou d’un cousin éloigné, on porte le « DEUIL ORDINAIRE », qui ne compte que deux périodes : le « deuil de soie », et le « petit Deuil ». Enfin, à Versailles, le roi peut décider un « deuil de cour » dont il fixe la nature (« grand deuil » ou « petit deuil ») et la durée. Un « Grand deuil » de cour se partage dans les mêmes temps que les grands deuils particuliers, c’est-à-dire « deuil de laine », « deuil de soie » et « petit deuil ».

Les « boucles de deuil » ne sont portées qu’en cas de « grand deuil », et dans la première période uniquement dite « deuil  de laine » : elles sont « noires », ou « bronzées », c’est-à-dire en argent, en acier ou en bronze noircis. Dès la seconde période, en « deuil de soie », les boucles d’argent sont admises, même si on voit aussi des boucles de pierres noires. Le petit deuil, comme le deuil ordinaire, prescrit les boucles d’argent et autorise même les boucles enrichies de diamants.

Notons enfin que le Roi porte le deuil en violet et que le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France de Nicolas Viton de Saint-Allais  (Paris, 1816) précise que dans le premier temps d’un grand deuil de cour, (« deuil de laine »)  le roi porte des « souliers de drap violet, avec les boucles d’acier tirant sur le violet ». Il s’agit certainement d’acier bleui. Le détail de l’habillement du roi est si caractéristique qu’il a semblé intéressant d’y consacrer un article documentaire.

Vous trouverez davantage de précisions sur : http://www.blason-armoiries.org/institutions/d/deuils-particuliers.htm

Boucles de souliers de deuil, en pâte de verre noire, vers 1780 ("Deuil de soie")


		
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Les « enganteurs d’attaches »

Les boucles de souliers sont des joyaux très apparents; et attirent bien des convoitises. La bienséance autant que la prudence commandent au XVIIIe siècle de ne pas porter en ville des boucles d’or et de pierreries, et de les réserver aux intérieurs. Néanmoins, les boucles d’argent motivent des vols et des agressions parfois mortelles, de même que les boucles d’imitation (en similor, pomponne, strass etc.) et les boucles précieuses d’imprudents ostentatoires…. Les voleurs de boucles sont, dans leur argot, des « enganteurs d’attaches ».

L’argot des voleurs est bien connu des parisiens au XVIIIe s. Le Jargon de l’Argot réformé, publié en 1628 par Chéreau, marchand drapier de Tours, est réédité très souvent jusqu’en 1849. Les comédiens Grandval père (1676- 1753) et surtout fils (1710-1784) popularisent un genre  et un parler « poissard », abondamment repris par Vadé (La Pipe cassée, 1743), Caylus, dans ses Oeuvres badines (1757), Lécluse , ou Bouchard (Madame Engueule, 1754). Le Rat du Châtelet, en 1790, rapporte des conversations argotiques assez savoureuses, d’autant que l’auteur se dissimule derrière une candeur feinte : « J’eus beau faire pour écouter, j’entendis tout et ne compris rien ; c’était, je crois, un composé de mots grecs, hébreux et français. Combien j’ai regretté de n’avoir pas étudié toutes les langues ; j’aurais, peut-être, appris bien des choses. »

Les boucles sont donc les « attaches ». On précise souvent « attaches de passes » ou « attaches de passifs » pour boucles de souliers. On les détaille aussi selon leur matière; on trouve « attaches brillantes » pour les boucles précieuses. Les « attaches de cé » sont les boucles d’argent ( On trouve couramment « cé » pour l’argent métal au XVIIIe et début XIXe s., sans que l’étymologie n’en semble évidente. Le Rat du Châtelet (1790) indique par exemple « bêtes à cornes en cé », pour fourchettes en argent). On trouvera aussi, toujours dans le sens de « boucles de souliers en argent », « attaches d’auber » ou « attaches d’huile ». Les boucles d’or massif sont, elles, les « attaches d’orient ».

Oudry, illustration pour "Le mari, la femme et le voleur" de Jean de La Fontaine.

Un chant épique entendu par en 1811, et publié par Chabot en 1834, rapporte une agression sur le Pont-au-Change :

« Dessus le pont au Change
Certain valet de chambre
S’écria au charron ;
Et moi qui suis bon drille,
Sûr, je vais droit au pentre
Enganter son chasson.

Son chasson, sa toquante,
Ses attaches brillantes,
Ses passifs radoucis,
Son frusque et sa lisette,
J’ai enganté sans cesse,
Puis j’ai défouraillé. »

Notons que les « passifs radoucis » sont des souliers luxueux, de peau fine ou de soie.

De même, en 1828, Vidocq, dans ses supposés Mémoires, rapporte un chant dans lequel un bourgeois (un « chêne ») est assassiné et dépouillé . La description de ses atours est minutieuse…

« J’ai sondé dans ses vallades,

Son carle j’ai pessigué,

Son carle, aussi sa toquante,

Et ses attaches de cé

Son coulant et sa montante,

Et son combre galuché

Son frusque, aussi sa lisette,

Et ses tirants brodanchés. »

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Une brève histoire de la boucle de chaussure masculine

Boucles de chaussures masculines en écrin, vers 1780

Le soulier masculin moderne, à talons et lacets, nait vers 1610 et, dès cette époque, on en soigne la fermeture : on noue, en guise de lacets, des rubans. On forme des rosettes. On ajoute des ornements, qui, dans les années 1660-1670, deviennent très fantaisistes : grosse rose de rubans plissés, cascade de ruban en « petite oie » ou grandes raquettes montées sur métal, en ailes de moulin à vent ou de libellule.

C’est dans ce foisonnement d’excentricités qu’apparaît la boucle de chaussure. Décorative et précieuse, elle est aussi fonctionnelle : elle permet une fermeture rapide des pattes de quartier sur l’empeigne. Premier à en laisser un témoignage, Samuel Pepys, dignitaire anglais, note dans son journal à la date du 22 janvier 1660 «This day I began to put buckles on my shoes » (Aujourd’hui, j’ai commencé à mettre des boucles à mes chaussures). Comme souvent pour les modes, les Anglais en attribuent l’invention aux Français, tandis que les Français appellent les chaussures à boucles « souliers à l’anglaise ».

Apparue vers 1660, démodée vers 1670, revenue vers 1680, la boucle ne s’impose qu’au début du XVIIIe siècle, comme la fermeture évidente du soulier élégant. A la Cour, à la ville, les hommes portent en journée de grosses boucles d’argent, plus ou moins travaillées, mais aussi d’or ou de bronze argenté. Le deuil proscrivant l’or et l’argent brillants, les élégants affligés usent de boucles en argent noirci ou en acier taillé. Les boucles d’acier produites à Wolverhampton, en Angleterre, très prisées à partir de 1760, sont négociées à prix d’or. L’acier est utilisé également pour les chaussures enfants, car il est moins fragile que l’argent. Pour les cérémonies, les soirées et les bals, les boucles de pierreries sont de mise. Un courtisan possède en général au moins une parure, qui comprend une paire de boucles de souliers, et une paire de boucles de jarretières assortie, plus petites, pour serrer la culotte aux genoux.

Boucle supposée de G. Washington, en argent et strass calibrés v. 1780

L’exploitation des riches gisements de diamants du Brésil, à partir de 1725, donne un nouvel essor aux créations de joaillerie, qui atteignent sous Louis XV une démesure inégalée : les boucles de chaussures en diamants en témoignent. A Versailles, elles sont une obligation du paraître : ceux qui n’en ont pas, s’en font prêter par leur parenté ou leurs amis, voire par la famille royale elle-même. Les boucles de chaussures du prince Electeur de Saxe sont l’un des très rares exemplaires parvenus jusqu’à nous, mais les inventaires français en dénombrent beaucoup à l’époque. Celles du Dauphin Louis, fils de Louis XV, sont estimées à près de 10 000 louis. En 1788, à la veille de la Révolution, Louis XVI – grand amateur de pierreries – en fait réaliser une paire, ornée de 80 diamants identiques, taillés en brillants, pesant chacun plus d’un carat : elle est estimé à 48 000 livres, soit environ 400 000 euros. Livrée en 1789, elle n’est sans doute portée qu’une fois, pour la cérémonie d’ouverture des Etats-Généraux. L’usage des boucles en pierreries dépasse le cadre des soirées de Versailles, ou de Paris puisqu’en 1792 l’inventaire des bijoux de Louis Colas Desfrancs (1735-1820), négociant d’Orléans, compte « deux paires de boucles en diamans (sic) à souliers ». Peut-être s’agit-il dans ce cas de faux diamants, abusant un oeil peu expert ? En effet, au moment même où arrivent en Europe les diamants du Brésil, vers 1730, un joaillier alsacien, Georges- Frédéric Strass, invente un cristal très riche en plomb pour imiter le diamant. Il baptise son invention « pierre du Rhin », mais le public la renomme « pierre de Strass » ou « strass ». Le succès de ces imitations précieuses est tel qu’en 1734, Strass est nommé joaillier du Roi. Les strass permettent de varier à l’infini les modèles, suivant les caprices de la mode, à moindre coût. « Le succès de ces bijoux entraîne la naissance d’une nouvelle corporation, celle des joailliers faustiers  » (1).

Lavoisier, par David (boucles de chaussures d’Artois au premier plan)

Les formes, les motifs, les formats évoluent en effet beaucoup. A partir de 1775, la taille des boucles prend une très grande ampleur, couvrant tout le cou-de-pied. Outre-manche, elles sont appelées « Artois shoe buckles » en référence au comte d’Artois, le plus jeune frère de Louis XVI et futur Charles X, alors célèbre pour son élégance de mirliflore. En 1777, le Gentleman’s Magazine de Londres note que « les boucles de chaussures d’Artois deviennent universelles pour les dames comme pour les gentilshommes : les tailles de certaines, portées à la cour, sont gigantesques ».
Dans ses Mémoires, le comte de Vaublanc se plaint de leur incommodité : « Les hommes portaient d’énormes boucles d’argent, si grandes qu’elles rasaient le parquet des deux côtés ; elles blessaient souvent les chevilles (…) Un présent de ces larges boucles fut envoyé par un de nos princes au prince Henri de Prusse, et le Grand Frédéric s’en moqua beaucoup ; il dit que nous mettions à nos souliers les boucles de nos harnais de carrosses. » (Firmin- Didot, 1857, p. 139) Ces excès déclenchent les railleries. Dans la pièce de Sheridan, Le voyage à Scarborough (1777), Lord Foppington, ironise : si les boucles servaient jusque là à tenir la chaussure, “la situation est inversée maintenant, et la chaussure ne sert plus qu’à tenir la boucle”.

La Révolution française met en effet un terme progressif à l’usage de la boucle précieuse, devenue signe honni de richesse et de coquetterie. Dès l’automne 1789, les « dons patriotiques » envoient aux hôtels des monnaies pour 1 million de livres de boucles de souliers, dans la tradition des fontes d’Ancien Régime. Le Dictionnaire national définit en 1790 les boucles d’argent comme un « ornement superflu qui désigne un aristocrate, ou un égoïste au cœur de bronze« . A partir de 1792, le besoin de financer la guerre contre les souverains européens suscite des cérémonies pendant lesquelles les citoyens envoient leurs boucles de chaussures en argent à la fonte, pour sauver la « Patrie en danger ». En échange, ils reçoivent des boucles carrées, de fer ou de laiton, sur lesquelles une inscription félicite le donateur d’avoir payé « le prix du patriotisme français » : les boucles patriotiques. Ces remises volontaires ne suffisant pas, les autorités révolutionnaires orchestrent des réquisitions forcées de bijoux d’or et d’argent. La Convention, par décret, encourage la dénonciation des matières d’or et d’argent, bijoux et autres effets précieux « cachés ou enfouis ». De grandes quantités de boucles de chaussures d’or et d’argent sont envoyées aux hôtels des monnaies… Les fabricants de boucles anglais s’en désespèrent, et sollicitent la protection du prince de Galles qui, en 1791, promet « très gracieusement » qu’il ne portera que des boucles, et qu’il y invitera toute sa Maison. L’élégance de la réponse n’enraye pas la crise. En Angleterre, pour la seule région de Birmingham-Wolverhampton, le nombre de fabricants de boucles passe de 253 fabricants en 1770 à… à peine 20 en 1818.

L'Empereur Napoléon, peint par David en 1812 aux Tuileries, portant des boucles à ses souliers

L’Empereur Napoléon, peint par David en 1812 aux Tuileries, portant des boucles à ses souliers

Les caprices de la mode n’expliquent pas seuls cette régression : le blocus imposé en 1806 à la couronne britannique par Napoléon y contribue fortement. Bonaparte, premier Consul puis Empereur, porte lui-même des boucles à ses souliers, et encourage une production française, notamment parisienne. La boucle de chaussure masculine jette sous l’Empire (1804-1814) ses derniers feux, qui s’éteindront sous la Restauration (1814-1830).

Le lacet ferme progressivement la parenthèse ouverte cent ans auparavant. La survivance dérisoire de l’usage de la boucle sur l’escarpin de cérémonie, jusqu’en 1850, ne fait qu’en appuyer le passéisme. Dès les années 1820, la boucle de chaussure appartient définitivement à une esthétique nostalgique, celle d’abord des émigrés, puis de quelques dandys à talons rouges. La boucle de chaussure, par les folies élégantes dont elle fut l’objet au XVIIIe siècle, porte pourtant avec elle un peu de la « douceur de vivre » de l’Ancien Régime. Voici certainement ce que les collectionneurs passionnés recherchent aujourd’hui encore dans cet objet insolite, et puissamment évocateur : l’esprit d’un siècle.

(1) Maurice Rheims, Les Collectionneurs, Ramsay 1981, p. 156

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