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Etude d’une boucle Empire

Une boucle de soulier d’époque Empire est mise en vente par la Maison Osenat, dimanche 9 juin 2013 à Fontainebleau. Il s’agit d’une boucle à système à contre-chape, en argent vermeillé. Si l’estimation de l’objet est très exceptionnellement haute (350/400E), 8 fois supérieure à l’estimation moyenne, il faut saluer le travail remarquable de la prestigieuse maison de vente aux enchères.

Le descriptif de l’objet donne toutes les précisions utiles : « fine boucle de soulier en vermeil. Encadrement ciselé d’une suite de rinceaux feuillagés, fleurs et pommes de pins. Système d’attache en acier à double ardillon. 6,8 cm x 4,5 cm. B.E. Premier Empire. » En outre, les poinçons ont été scrupuleusement étudiés : « Poinçon de titre Coq 2, département 800, Mercure 1809. Poinçon de moyenne garantie Paris. Poinçon « J.H.B. Double» »

Boucle de soulier en vermeil, 6,8 cm x 4,5 cm de l'orfèvre parisien J.H. Brahy, entre 1809 et 1820.

Boucle de soulier en vermeil, 6,8 cm x 4,5 cm, de l’orfèvre parisien J.H. Brahy, entre 1809 et 1820. © Osenat

Le poinçon de titre nous informe sur le titre d’argent composant la boucle. Il représente un coq avec le chiffre 2 : c’est le coq de 2e titre, soit 800 grammes d’argent pour mille grammes. L’étude Osenat précise « Département », variante du coq 2 propre aux départements. La boucle en argent est donc un ouvrage régional, ou du moins vérifié hors de Paris. Le poinçon « Mercure 1809 » indique que l’ouvrage a été recensé en 1809. En effet, pour limiter les fraudes, sous l’Ancien Régime, en 1722, a été ordonnée la recense des objets en métal précieux. Après la Révolution, deux autres recenses seront ordonnées, en 1809 et 1819. La boucle porte la marque de la recense de 1809, une tête de Mercure.

Il porte également le poinçon de moyenne garantie de Paris, la tête d’Athéna.

Par ailleurs, un autre poinçon indique « JHB Double ». C’est le poinçon insculpé par le maître orfèvre J.H. Brahy en 1809-1810, biffé en 1820. Il s’agit d’un « poinçon de plaqué ». Le poinçon de plaqué est un poinçon carré créé en 1797 pour distinguer les ouvrages en métaux précieux des ouvrages plaqués qui se popularisent en France à partir de 1769 par l’industrie de l’orfèvre Huguet, et surtout de 1788 par celle de Daumy et Turgot, dans le célèbre hôtel de Pomponne. Le poinçon de plaqué doit nécessairement faire apparaître le mot doublé ou plaqué en toutes lettres ( les termes « doublé » et « plaqué » ne semblent pas avoir fait l’objet légalement d’une distinction et sont utilisés indifféremment). D’où le poinçon carré « JHB Doublé ».

Sa réclame annonçait : « La Boucle d’’or, d’’argent et doublée d’’or », 37 rue neuve St Médéric (actuellement rue Saint-Merri).

Je ne saurais pourquoi cette boucle d’argent ainsi doublée d’or par les soins de Brahy est réalisée en province, et doublée à Paris. Peut-être Brahy y était-il établi avant 1809 ? Ou bien achetait-il en province une production qu’il doublait à Paris ? Ce qui est certain c’est que la boucle de souliers « doublée d’or » est une industrie dans laquelle Brahy s’est spécialisé. Du reste, son successeur en 1819, Deribaucourt, est référencé « Deribaucourt, successeur de Brahy, r. Neuve-Saint-Médéric, Fabricant de Doublé » dans l’Almanach des Commerçants de Paris pour l’Année 1820.

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Une boucle étonnante des années 1780

Dans son travail d’inventaire de l’orfèvrerie de Lyon et de Trévoux (1999-2001), Mme Marie-Reine Jazé-Charvolin a recensé, dans une collection privée, une boucle XVIIIe étonnante par son décor. Le cadre rectangulaire de la boucle est remarquable : les bords latéraux sont chantournés, tandis que les bords supérieurs et inférieurs sont dentelés, suivant un motif relativement atypique. Aux quatre angle, une fleur de lys inattendue sur ce type de bijou.

Boucle de soulier - Lyon 1781-1785 photo Inv. J.M. Refflé 99690210X - Droits réservés

Le cadre est en fonte d’argent. Les quatre fleurs de lys en argent sont rapportées, ce qui peut laisser envisager une pose de ces attributs postérieure à la fabrication. Le système de fermeture, à goupille, ardillon double et chape, est en acier.

La boucle mesure 7,3 x6 centimètres, et pèse, tout compris, environ 70 grammes.

Ce sont les poinçons au dos qui permettent de la dater. Au centre, deux S séparés par un « grain de remède », indique l’orfèvre Sébastien Saulnier, reçu maître à Lyon en 1781. A droite, un Lion couronné avec en-dessous la lettre « a » minuscule correspond au poinçon de la Communauté de Lyon entre 1778 et 1785. Enfin, à gauche, la lettre L est le poinçon de charge des menus ouvrages pour Lyon entre 1781 et 1787. La boucle a donc certainement été réalisée entre 1781 et 1785, par Sébastien Saulnier, maître orfèvre à Lyon. Les fleurs de lys peuvent avoir été rapportées ultérieurement.

Au revers, successivement le poinçon de charge des menus ouvrages de Lyon, le poinçon du maître orfèvre et le poinçon de communauté. Photo Inv. J.M. Refflé 99690466X - Droits réservés

Revers de la boucle. Photo Inv. J.M. Refflé 99690161X - Droits réservés

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